mardi 9 octobre 2007

Vienne, à grand-peine

Hotel NH Belvedere, Vienne, Autriche. Levé à huit heures après une bonne nuit de sommeil. Pris mon petit déjeuner en bas. Fumé une clope dans le froid (je hais les chambres non-fumeur, grr). Commandé un taxi pour Baden. Remonté à la chambre. Consulté mes mails. Regardé un épisode de The Office. Douché, rasé, habillé. Prêt pour commenter l'European Poker Tour en direct à partir de 15 heures.

J'ai débarqué en Autriche hier après-midi sur le coup de 16 heures, comme prévu. Ca été plus difficile que je l'aurais cru. J'ai eu plein d'occasions de tout foirer.

D'abord, il y a eu le brouillard, bien épais, qui a enveloppé la métropole Lilloise au milieu de la nuit. Je suis parti de chez moi au petit matin avec 40 minutes d'avance, pensant être largement dans les temps pour parcourir les cinq kilomètres qui me séparent de la gare Lille Europe. Las, les embouteillages ont commencé après environ 500 mètres de trajet. J'ai tenté un raccourci, qui au final n'a fait qu'aggraver la situation, et à 8h49, heure de mon TGV pour Roissy, j'étais encore englué dans les bouchons du périph. Je me vois déjà rater mon avion (qui décolle à 12h35), et toutes les galères qui s'ensuient. Car il faut préciser que je suis en général noiraud en ce qui concerne les voyages par air (Bruxelles – Vegas, été 2006 : 27 heures à l'aller, 44 heures au retour) J'en ai vécu des belles : retards, pannes, brouillard, menace terroriste (j'étais l'un des happy few qui avaient un vol pour Londres le 11 aout 2006)...

Coup de pot, quand j'arrive finalement à la gare, il y a un TGV pour Paris arrêté sur le quai, dont le départ est retardé à cause d'un problème de traction, ou un truc dans le genre. Chouette, je vais pouvoir rejoindre la Gare du Nord et prendre le RER pour l'Aéroport. Dans la confusion générale, le controleur SNCF passe outre le fait que je ne possède pas le bon billet, merci à lui (oui, car je l'apprends en même temps, il y a une toute nouvelle grille de tarifs qui débute le jour même, et qui, entre autres, empeche désormais de changer/rembourser son billet le jour du départ, c'est un scandale ma bonne dame) Bref, tout va bien, le TGV démarre, on dirait que je vais l'avoir, cet avion.

Je fais la connaissance d'un couple de Valenciennes, dans la même situation que moi. Ils ont aussi loupé le train pour Roissy et doivent rejoindre l'aéroport en un temps record afin de décoller pour la Tunisie où ils prendront des vacances que j'imagine bien méritées et attendues de longue date. Ils ont l'air super stressés et perdus, je me propose de les aider une fois arrivé Gare du Nord. J'affiche un calme imperturbable mais je n'en mène pas large non plus. Je m'assois, j'entame une partie de Grand Theft Auto sur la PSP que m'a prêté Abdul (merci l'ami) On arrive à Paris, et j'entame avec mes nouveaux compagnons de galère un sprint vers la station RER. On achète un ticket au distributeur, on trouve la ligne en direction de Roissy, on descend l'escalator, voiçi le quai, tout va bien, super, et... rien. “Retardé”, c'est le message qui s'affiche sur les écrans. Bon, on attend comme des cons, qu'est-ce qu'on peut faire d'autre. Je vois de grosses gouttes de sueur apparaitre sur les visages des vacanciers, je les rassure d'un geste, ne vous inquiétez pas, on va y arriver.

Le RER arrive sur le quai, les portes s'ouvrent, on rentre, on souffle de soulagement, en fin de compte, on dirait que tout le monde va arriver à l'aéroport en temps et en heure, le timing est super sérré mais c'est jouable. Ouf. On sourit, on rigole, ha ha, c'est pas passé loin quand même, on en rigolera dans 10 ans, je te paie une bière en arrivant à Roissy, quand, d'un coup, une expression horrifiée s'affiche sur le visage de l'époux, qui tâte la poche arrière de son jean en bégayant :

“Mon portefeuille... Mon portefeuille... ah, l'enculé, MON PORTEFEUILLE !” Le mec saute de la rame dont les portes ne sont pas encore fermées, continuant de hurler, courant après son aggresseur que j'aperçois grimpant quatre à quatre les marches de l'escalator. Il laisse plantée là son épouse, la bouche ouverte et les bras pendants. Victimes d'un banal pickpocket parisien, à l'heure de pointe du métro, au pire moment possible. La femme sort de la rame, ses bagages à la main, et le train démarre. Je compatis pour le couple, mais je ne peux y faire grand chose, d'autant que je suis préssé aussi. Je me demande ce qui leur est arrivé. Des vacances gachées, j'imagine, vu que le couple a du passer les heures qui ont suivi au commisariat, et que sans papiers, il est impossible d'embarquer à bord d'un avion. Les boules.

De mon côté, j'arrive à Roissy juste à temps pour choper mes billets (c'était super limite), et me rendre au comptoir d'Air France pour l'enregistrement, où l'on m'informe gentiment que je suis en liste d'attente, car il y a eu sur-réservation de mon billet (“surbooking”, une pratique qui consiste à vendre plus de billets qu'il n'y a de sièges dans l'avion, en comptant sur les desistements qui se produisent ensuite) Je suis outré car je n'ai nullement été informé de cette pratique par LastMinute.com, le site où j'ai acheté le vol. C'est la première fois que je passais par ce site, et ils peuvent se brosser pour que l'on m'y reprenne. (Pour info, j'ai jamais eu de problèmes avec le site que j'utilise d'habitude, TerminalA)

Je dois donc patiemment attendre la fermeture de la vente des billets, attendant le verdict en fumant des clopes à l'extérieur. Je choppe finalement mon billet, comme prévu. Malgré toutes ces embuches, j'atteris donc à Vienne à l'heure prévue.

La manche Autrichienne de l'European Poker Tour se déroule dans la charmante station thermale de Baden, mais comme j'ai été appelé en dernière minute, PokerStars n'a pu me trouver une chambre d'hôtel sur place, et c'est à Vienne, à 45 kilomètres du casino, que je suis installé. Les notes de taxi vont être faramineuses, ce qui n'est finalement pas un problème car ce n'est pas moi qui paie.

Hier soir, j'ai érré sans but dans la capitale, profitant de ce qui sera sans doute mon seul moment disponible pour admirer le paysage. L'architecture Viennoise est tout à fait superbe. Les rues sont larges et aérées. Je ne sais pas trop où je suis situé exactement. A priori dans le centre historique. L'hôtel est entouré de tous un tas d'imposants batiments abritant diverses ambassades : Italie, Brésil, Grande-Bretagne, France...

Rendez-vous à 15 heures pour la suite de mes aventures en temps que commentateur de l'European Poker Tour. Plusieurs sites vont diffuser le tournoi, comme EPTLive, Poker.fr ou ClubPoker.net. Il reste 40 joueurs sur les 282 qui étaient au départ, dont 3 français : Kalil Rahal, Christophe Benzimra et Pascal Perrault avec un gros tapis. Après sa 10e place à Londres la semaine dernière, PP a décidement la forme en ce moment, et ça fait plaisir. On joue aujourd'hui jusqu'à l'obtention d'une table finale à huit.


Un monument Viennois quelconque

1 commentaire:

Anonyme a dit…

Mec t un génie, j'adore ton écriture.