samedi 20 octobre 2007

Une bande de mecs sympas

Vous avez vu ça ? Mardi soir, un jeune joueur Français de 22 ans a terminé en seconde place de l'étape Barcelonaise du World Poker Tour, n'échouant que lors du tête à tête final contre Markus Lehmann après une nette domination lors de l'ultime table du tournoi, où il avait nottamment éliminé le chip-leader et gros favori Gus Hansen. Le nom de ce joueur déboulé de nulle part : Ludovic Lacay.


Ludovic Lacay (credits : Matt/PokerListings)

Je n'ai pas eu la chance d'assister en personne à cette superbe performance de l'ami “Cuts”, et c'est donc pendu à mon ordinateur que j'ai suivi ses progrès, cliquant frenetiquement les pages des quelques sites qui couvraient l'évenement.

Cette brillante seconde place dans un tournoi majeur vient couronner une très belle année pour les joueurs en ligne Français. J'ai envie de dire : enfin, nos jeunes pros sortent du bois ! Il était temps. Car en la matière, nous avions un certain retard à rattrapper sur d'autres pays, en particulier les nations Scandinaves.

Les bons joueurs Français venus d'Internet, on savait qu'ils existaient, là n'est pas le problème. Non, l'ennui, c'est qu'à l'exception de l'emblématique ElkY, ils restaient invisibles lors des grandes compétitions internationales, préférant l'anonymat des cash-games et tournois virtuels, tandis que les jeunent Nordiques raflaient tout ce qu'ils pouvaient avec une constance affolante.

La saison qui vient de s'écouler à vu quelque peu s'inverser cette tendance. Tout un tas de talents ont été révélés. Il y eut d'abors l'ElkY sus-mentionné, en finale de l'EPT de Copenhague en janvier dernier, en compagnie d'Alexandre “BidouAces” Poulain. En mars, deux poids-lourds des cash-games Internet, Nicolas Levi et Farid Meraghni ont été révélés au public à Dortmund et Varsovie.

Cet été à Vegas, les petits jeunes étaient en nombre pour leurs premiers WSOP. On a vu François Balmigère (membre du ClubPoker) faire une très belle place dans la difficile épreuve de Short-Handed No-Limit à 5,000$. Sans oublier le (déjà) vétéran Gabriel Nassif qui atteignit sa première table finale des championnats du monde dans l'épreuve de Limit Hold'Em à 5,000$.

La machine est lancée pour de bon : à l'avenir, les joueurs Internet Français seront sans aucun doute de plus en plus présents dans les phases finales des grands tournois. Si l'on ajoute les amateurs qui se qualifient de plus en plus nombreux, tout cela laisse présager une année 2008 encore plus extraordinaire que 2007 pour les joueurs Français, où de nouveaux talents vont éclore à une vitesse rapide, tandis que d'autres confirmeront.

A ce sujet, il faut d'ailleurs rendre hommage à la salle de poker en ligne Winamax, qui n'a pas hésité à prendre des risques en dépensant un joli paquet d'argent pour signer de jeunes joueurs pour la plupart inconnus. Enfin, voilà un site qui donne sa chance à d'excellents joueurs en devenir, quand tant d'autres choisissent la facilité en mettant en avant des stars - au talent qui reste parfois à prouver (pas de noms, pas de noms !)

Le geste risqué de Winamax, rarement vu auparavant dans cette industrie, a porté ses fruits instantanément avec la table finale de Ludovic “Cuts” Lacay, une semaine après celle d'Antony Lellouche à Londres. Ludovic jouait là son deuxième tournoi à peine sous les couleurs du site.

En fait, c'est une véritable OPA sur les bons joueurs Français que ce site a réalisé ces dernières semaines, en signant dans le même mois Antony Lellouche, suivi par les jeunes talents Nicolas Levi, Arnaud Mattern, Guillaume de la Gorce, Anthony Roux et Ludovic Lacay. J'ai entendu dire qu'il s'en est même fallu de très peu pour qu'ils signent Fabrice Soulier, finalement parti chez ChiliPoker. En tout cas, voilà une équipe de joueurs sérieuse et solide, qui, grâce à l'aide financière de Winamax, va pouvoir jouer beaucoup plus de tournois, et ainsi augmenter ses chances de bons résultats. Chapeau !

Après avoir évoqué les bons joueurs en ligne, passons maintenant aux mauvais, en particulier un que je connais bien : moi. Eh oui, les amis, autant l'admettre : ca va pas du tout. Quelques sessions sur PokerStars depuis mon retour d'Autriche ont mis mes nerfs à rude épreuve.

Chou blanc dans le « World Championship of bloggers» dimanche dernier. J'ai tenu une heure en voyant plein de jeu et surtout en restant malchanceux. Y'avait du monde, plus de 1300 bloggers au départ, dont quelques stars du milieu, du genre Pauly et Change100. Brad « Otis » Willis était l'hôte du tournoi en sa qualité de bloggeur en chef de PokerStars. Dans le prize-pool de ce tournoi gratuit, pas d'argent en jeu, mais des cadeaux en nature, dont tout de même une entrée tout frais payés pour un tournoi EPT paradisiaque organisé en Janvier aux Caraibes. J'ai monté rapidement un tapis sympa que j'ai en grande partie perdu quand mon full aux 10 a rencontré un full aux dames. J'ai bien géré le coup mais me suis fait éclater sur la rivière. J'arrive à remonter un peu, puis saute dans une classique (sic) confrontation As-Roi contre As-4. (J'ai appris ensuite que l'ami Kipik avait atteint la table finale – bravo à lui !)

J'ai ensuite pris la douteuse décision de dépenser ce qui me reste de bankroll sur PokerStars pour jouer le Sunday Million, le plus gros tournoi en ligne du monde, joué chaque semaine au prix d'entrée de 215$. C'est pas très malin, mais bon, je me suis après tout contenté d'utiliser mes honoraires des commentaires de l'EPT Live (Rassurez vous, j'en ai mis de côté la plus grosse partie dès reception sur le compte, je suis pas fou non plus) Bonne première heure et ensuite désert total, je jette mes cartes jusqu'à en mourir, peu après le second break, sans avoir rien pu faire de concret.

Ensuite, satellite à 175$ pour la Carribean Poker Stars Adventure. J'avais remporté un ticket quelques jours auparavant. Je monte un peu dès les quatre premiers coups, puis trouve tout de suite après une paire de Rois.... qui se fracasse contre une paire d'As. Pas découragé, je patiente avec ce qu'il me reste de tapis pour remonter à 700 (la moitié de la cave de départ), puis trouve un joueur pour payer mon As-7 avec Roi-Dame à tapis avant le flop, dans un pot non relancé. Un coup qui me remettrait en selle (à la case départ) alors que nous en sommes seulement au deuxième round de blindes. Hélas, malgré l'As qui apparait dès le flop, je perds quand même le coup.

Ca commence a me saouler sévère cette histoire de poker en ligne. Pas moyen de gagner un coup depuis six mois. Ca a commencé en Mai quand j'ai fini second dans une qualif pour les WSOP contre un adversaire faible, alors que j'avais trois fois plus de jetons que lui. Depuis cette terrible nuit, la frustration est permanente et on dirait que je perds tous les coups cruciaux, ceux qu'il faut passer absolument, ceux où je suis largement favori. (Je passe sur les situations improbables et crises de nerfs à répétition, le but n'est pas de vous convaincre de ma noirceur) Six mois, c'est long et même si je suis pas une star du poker, je joue principalement contre des pigeons complets dans des tournois à petit budget. Et pourtant, ca ne passe pas. Je suis régulièrement coaché par un pro (Rayan), j'apprends des tas de trucs nouveaux chaque jour, je dévore tout ce que je trouve, je discute stratégie avec les pros, et globalement j'ai l'impression d'avoir pas mal progréssé en cinq ans, mais rien à faire, je me fais défoncer la gueule, de pire en pire à chaque session. Rien à faire, j'arrive pas à gagner.

« Fais une pause », je vous entends déjà dire. Ouais, je sais bien, c'est le remède miracle qu'on prescrit aux estropiés du poker, aux atrophiés de la rivière, aux depressifs du coin-flip. Arreter de jouer quelques temps, histoire de recharger les batteries. Je vous rétorquerai que je n'ai que guère le temps de jouer, à la base, et que les rares petites périodes ou je peux lancer PokerStars entre deux voyages sont ce que je considère comme des « pauses ». Dans cette situation, je vois mal comment s'arreter pourrait être un remède efficace. Mais c'est surement ce que je fais faire quand même...

En relisant ce que je viens d'écrire, un paragraphe pleurnichard et apitoyé, je réalise à quel point il est vain, inutile et improductif de ventiler sur sa (supposée ou réelle) malchance. A quoi bon ? D'autant plus que si je suis un poissard au jeu, j'ai d'un autre côté la chance d'avoir le meilleur job possible, qui me permet de voyager régulièrement et de rencontrer des tas de gens. Rectification donc : je suis un type chanceux, en fin de compte.

D'ailleurs, puisqu'on parle de voyages et de rencontres, retour sur l'European Poker Tour de Baden. Un séjour express en Autriche : aussitôt arrivé, aussitôt reparti, le temps de commenter le tournoi en direct pour EPT Live durant deux jours. Ca s'est plutot bien passé, malgré qu'il soit dur de trouver des commentateurs en nombre. Contrairement aux commentaires en Anglais, mon vivier d'experts côté Français est plutot réduit. Heureusement que les potes sont au rendez-vous, sinon je sais pas comment j'aurais pu m'en sortir. J'ai eu Fougan et Nicolas Levi la première journée, rejoints pour la finale par Arnaud Mattern et Bertrand « ElkY » Grospellier. Ce dernier est plutôt du genre reservé, et n'avait pas des masses envie de s'asseoir derrière le micro. Finalement, il s'est prêté au jeu et on dirait qu'il a adoré ça. On devrait le retrouver lors des prochaines retransmissions, donc. Bref, c'était bien cool, d'autant plus qu'on m'a signalé que l'audience avait été meilleure qu'à Londres, je n'aurais pas parié dessus vu que ça tombait en pleine semaine cette fois-ci.


Arnaud Mattern et ElkY au micro, sous le regard de Nicolas Levi

Ce séjour fut somme toute reposant, car je n'avais pas d'articles à écrire en marge des parties. Une fois la retransmission terminée, j'ai donc pris la direction du bar pour la traditionnelle beuverie entre joueurs et journalistes. Le meilleur moment de tout bon tournoi qui se respecte. Car le circuit international du poker pro est comme un grand cirque itinérant : à chaque destination, on retrouve les mêmes visages. Ca crée des liens. Des relations se nouent, des amitiés naissent. Et comme je passe de plus en plus de temps sur la route, négligeant mes vieux potes à la maison, la bande de mecs sympas du circuit devient comme une seconde famille. Les gens de BlondePoker, PokerListings, PokerStars et tant d'autres... A force de les croiser et recroiser aux quatre coins de la planète poker, tous sont désormais plus que des collègues de travail.

Coup de chapeau au vainqueur de l'épreuve, l'infiniment sympathique Anglais Julian Thew, qui n'a pas été avare de bouteilles de champagne après son triomphe. Les festivités se sont prolongées bien tard, jusqu'à qu'on nous foute à la porte du casino, en fait, vers sept heures du matin.


Julian Thew, champion de l'EPT Baden, tenant son gros chèque de 600,000€

Bref, une bande de mecs sympas, ouaip. C'est pour ça que là, maintenant, tandis que j'écris ces lignes depuis la maison à Lille, je me dis que je n'ai qu'une envie : reprendre la route, le plus vite possible. Je ne sais pas quelle sera ma prochaine destination, à vrai dire (je suis toujours mis au courant à la dernière minute).

Avant toute chose, dès Lundi, je me rendrai à Paris pour trois jours, pour le tournage d'une émission de télé à laquelle je participe en tant que consultant depuis deux ans déjà : le Tournoi des As, diffusé sur Paris Première. Un boulot pas bien compliqué, plutôt rigolo et bien payé. Tout ce que j'aime. A suivre...

1 commentaire:

Anonyme a dit…

Hello,
T inquietes, la poisse on a tous connus ca, donc, non, je ne recommenderai pas une pause;mais plutot soit de descendre de limite pour etre plus a l aise, ou bien de changer de jeu: le cashgame te rend fou, essaye les sitngo.Les multis t exaspere, essaye defaire lapince en full ring cash game.Bref, change un peu d air, et pour moins cher (sans s' aventurer dans un domaine ou tu es completement nouveau.je sais pas, essaye le omaha?)

Good luck,

Arnaud MATTERN (qui est parvenu a etre semi-robusto en etant noirot, tu vois tout est possible!....)