jeudi 27 septembre 2007

Vite expedié

Les deux premières journées de l’European Poker Tour de Londres sont dans la boite. Il est à peine une heure et demi du matin et je suis déjà dans ma chambre en train de bosser mes articles en retard (comme d’hab), tandis qu’à la télé, j’ai le choix entre deux tournois de poker de seconde zone et un vieil épisode des Osbournes (y’a encore des gens qui regardent ce truc ?)

Dans n’importe quel autre tournoi majeur (ou presque), je serai encore au casino à cette heure-ci, en train de bailler devant les tables mais pas cette fois-ci : la partie s’est terminée juste après onze heures du soir. Un fait rarissime, une véritable bénédiction rendue possible par la décision des organisateurs de supprimer l’arrêt dîner. Cela n’a pas semblé gêner les joueurs, qui ont tous mangé de concert autour des tables tandis que la partie continuait. Comme à la cantine !

Ainsi libéré plus tôt, j’ai pu rejoindre le bar de l’hôtel et prendre le temps de boire un coup avec Matt (PokerListings), l’équipe de Made In Poker : Jules et Fabrice, ainsi que la nouvelle collègue de ce dernier, la délicieuse Liz Lieu, signée chez ChiliPoker en même temps que Fabsoul. Oui, je me sens un peu privilégié, quand même. Je peux vous révéler en exclu que Liz s’empiffre tant quelle peut pour essayer de grossir un tantinet, sans succès (pour accompagner ses frites, elle mélange à parts égales le ketchup et la mayonnaise, voyez le genre) C’est vrai qu’elle un peu maigrelette. Mais elle est sympa et rigolote comme tout. En général, on dit de Liz qu’elle est « vraiment sympa », par opposition, j’imagine, aux stars qui font juste semblant. Je suppose qu’il y a du vrai là dedans. Quand elle m’a posé la question d’usage concernant mon boulot, elle semblait en effet intéressée d’entendre la réponse, ce qui n’est pas systématique. Elle vient de s’installer à Londres, mais apparemment Las Vegas lui manque : « j’ai perdu mes cash-games, mes boutiques, le beau temps… » Pour vous donner une idée de l’extravagance de ces riches pros, la toute récente Londonienne a tout de même pris une chambre à l’Hilton, car sa maison est trop loin du casino. « Je suis pas vraiment athlétique. » Et pour parcourir les 300 mètres qui séparent l’hôtel du casino, Liz a opté pour un taxi.

Malgré l’espace restreint qu’offre le Victoria Casino, et l’éloignement de la salle de presse (située dans les bureaux du casino, tout au fond), ces deux premiers jours de tournoi ont été exceptionnellement agréables à couvrir. C’est là qu’on constate que les conditions matérielles importent bien moins que l’ambiance. Contrairement à Harrah’s et les WSOP, PokerStars nous accueille avec le sourire et fait de sincères efforts pour que nous puissions faire notre boulot correctement. Joie et bonheur, l’EPT n’a pas (encore ?) signé de contrat exclusif avec un gros site d’information, ce qui fait que tous les reporters sont traités sur un pied d’égalité, y compris les auteurs de PokerStars. L’ambiance en salle de presse est bon enfant : j’ai l’impression de retrouver une famille, en tout cas c’est à ça que ressemble ce grand cirque qu’est le circuit Européen. Que ce soit côté joueurs où médias, les visages familiers sont tous au rendez-vous. Cette bonne humeur générale s’est ressentie sur mon travail : je me suis franchement éclaté à couvrir l’épreuve pour poker.fr, pour un bien meilleur résultat que lors des WSOP-Europe.

Un peu de 400 joueurs étaient au rendez-vous, étalés sur deux journées de départ. Le Day 1A fut une bonne boucherie qui a vu se faire éliminer les deux tiers des partants. Le Day 1B était plus fourni en bons joueurs, le rythme fut donc un peu moins rapide. En tout et pour tout 145 joueurs ont survécu et seront présent cet après-midi pour le Day 2.


Nicolas Levi en tête

28 Français étaient au départ, dont pas mal de qualifiés Internet et une poignée de réguliers. Nicolas Levi est celui qui s’est distingué le plus, étant le seul joueur à dépasser la barre des 100,000 en jetons (dix fois le tapis de départ), le plaçant de facto en position de chip-leader. Ca fait énormément plaisir car c’est un ami. Je lui donne d’ailleurs un coup de main pour traduire son site en Français (lien ci-contre)

Derrière, il y a un autre pote, Antony Lellouche, dernière recrue de l’équipe Winamax, qui termine à environ 60,000 après avoir joué durant le Day 1B son poker habituel, c’est à dire fantasque, aggressif et imprévisible. Dans un registre plus conservateur, les deux chevelus de la Team770, Pascal Perrault et Thomas Fougeron, ont monté des tapis d’excellente facture, espérons qu’ils transformeront l’essai aujourd’hui. Derrière, on trouve quelques qualifiés Internet, un Jan Boubli, un Arnaud Mattern, un patron de casino franco-sénégalais, etc, etc… 8% des inscrits à l’étape Londonienne sont français. A Barcelone, il étaient 15%.


J'ai mangé au McDo avec le meilleur joueur Français. J'en suis tout retourné...

Parmi ceux qui sont tombés dès le premier jour : les jeunots réguliers des high stakes Guillaume de la Gorce et Ludovic Lacay, le champion Nordiste du France Poker Tour Maxime Demol, Fabrice Soulier, Michel Abecassis (pas très chanceux sur ce coup là), des qualifiés sympathiques avec qui j’ai pu discuter, tel Sebastien Chenu ou Ludovic Harran (tombé en une heure avec les As, aie)

Parmi les Américains qui ont fait le déplacement, il y avait les nouvelles recrues de PokerStars : Daniel Negreanu et Hevad « Rain » Khan. Ce dernier, croisé dans la soirée dans le hall du Hilton, ne semblait pas malheureux d’avoir sauté sur un bad-beat (les Valets contre les Dix), expliquant à juste titre qu’après « avoir fait la finale des championnats du monde et remporté un million, j’ai pas vraiment à me plaindre des défaites mineures qui vont immanquablement suivre. »

Chris Moneymaker pointait en 3e position au terme du Day 1A avec 75,000 en jetons. Le champion du monde 2003 est de manière générale un peu trop sous-estimé, trainant derrière lui une réputation embarrassante de gros pigeon (ce qui est largement exagéré) et tient içi une chance de faire un pied de nez à ses détracteurs.

En résumé, un bon petit tournoi comme je les aime et dont j’attends la suite avec impatience. En attendant, c’est pas le tout, mais j’ai des papiers à terminer.

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