jeudi 12 juillet 2007

Jeu de massacre, première partie

“- All-in and a call on table 59 !”
“- Seat open on table 59 !”

(15 secondes plus tard)

“- All in and a call on table 126 !”
“ - Table 126, seat open !”

(répetez la scène pendant dix heures)

Je ne sais pas ce qu'avaient mangé au petit dej' les 1000 et quelques joueurs qui se sont présentés à l'intérieur de l'Amazon Room pour disputer la première partie du Day 2. Du lion, peut-être ? Ou une tablette d'amphètes ?

Toujours est-il que cette journée fut marquée par le rythme ultra-méga-rapide des éliminations. Toutes les 15 secondes, on pouvait entendre les croupiers crier à la ronde “All-in and a call !”, à l'intention des caméras d'ESPN, qui essaient de filmer le maximum d'éliminations rocambolesques, si possible sur un bad-beat : cela donne toujours des moments de télé croustillants.

Les éliminations allaient tellement vite que les superviseurs ont du arrêter le Day 2A vers minuit, avec 350 joueurs restants, pour éviter la confusion avec le Day 2B prévu le lendemain. En effet, avec 621 places payées, il aurait été impossible de déterminer qui rentrait dans l'argent si l'on était descendu en dessous de ce chiffre.

Côté Français, la grande surprise de ce Day 2A fut la montée en flèche d'un jeune joueur venu de nulle part, Nicolas Atlan, passant de 87,000 à 410,000 en dix heures de jeu. Enfin, sorti de nulle part, pas tout à fait puisque Nicolas travaille depuis quelques années comme chef de salle à l'Aviation Club de France, haut-lieu du poker Français. J'imagine qu'à force d'observer les parties autour de lui, Nicolas a du apprendre deux ou trois trucs utiles. Il s'était qualifié sur PokerStars il y a quelques mois : le Main Event est le premier gros tournoi qu'il dispute. Bigre.


Nicolas Atlan est parmi les chip-leaders du Day 2A
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Le mystérieux chip-leader Français du Day 1, Oliver Tinten, a rapidement fondu en début de partie, faisant passer son tapis de 270,000 à 180,000. Il a cependant réussi à maintenir ce montant jusqu'à la fin de la journée.


Tinten en Amérique
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Au terme d'une journée des plus pénibles, mon pote Guignol a sauté sur un coup à cinquante-cinquante : As-Roi contre paire de Dix. Il a passé des heures à jeter ses cartes les unes après les autres, ne recevant jamais rien de jouable. Bref, un cauchemar.

Nicolas Levi, lui, s'est bien débrouillé mais a subi une rencontre malheureuse sur l'un des tous derniers coups de la journée, scellant son élimination du Main Event.

Claude Cohen est monté à 230,000, pour ensuite en perdre la moitié après des paires de Rois qui ont mal tourné.

Bruno Fitoussi a continué son tournoi de “survivor” est sera présent lors du Day 3 avec un tapis très réduit.

Georges McIntosh, un collègue Anglais écrivant pour PokerRoom, m'a mis dans la direction d'un joueur Français que je connaissais pas, et qui s'est qualifié par le biais de leur site : Georges Sebag. Qui est-ce ?

La boucherie a donc du être interrompue plus tôt que prévue : à une heure du mat', j'avais terminé mes compte-rendus. L'occasion rêvée pour tous les médias ereintés d'aller prendre un pot au Hooker Bar du Rio, qui tient non nom (non-officiel) du fait qu'on y trouve souvent des prostituées en quête d'un julot.

Les verres se sont entrechoqués dans la joie et l'alcoolisme bon teint jusqu'à ce qu'un type de Bluff arrive et nous soumette l'idée géniale d'aller jouer un tournoi nocturne au Treasure's Island. Tout le monde était enthousiaste, et j'ai suivi le mouvement, vu que le TI est situé juste en face du Wynn, et que je n'ai pas joué au poker depuis 3 semaines.

Le tournoi en question a démarré à 2 heures du matin. 20 joueurs seulement, dont une bonne moitié de collègues des médias. Prix d'entrée : 60$, auquel Otis a rapidement rajouté un “last-longer” à 20$. Bon, j'ai bien jeté mon argent par les fenêtres sur ce coup-là, puisque j'ai sauté le premier.

J'ai gagné deux pots avant le flop avec As-Roi, puis j'ai relancé en fin de parole avec Dix-Huit de carreau. Le petit blind m'a payé avec As-Six dépareillé (un choix tactique que je trouve personnellement atroce). Evidemment, le flop est tombé As-As-X avec deux carreaux. Il a misé, j'ai surrelancé en semi-bluff, et il m'a payé. Le turn a apporté le quatrième As, et cet imbécile, au lieu de checker son carré (ce qui m'aurait inciter à faire tapis en pur bluff), à misé tous ses jetons. J'ai passé en montrant ma mon tirage manqué : j'avais perdu les 2/3 de mon tapis au bout d'à peine une demi-heure. Main suivante, j'envoie le tapis avec 5-7 de coeur, c'est payé deux fois. Je trouve un 7 sur le turn et repasse à 1375 (les tapis de départ étaient de 1500).

Cinq minutes plus tard, je relance avec As-Roi, un photographe d'Image Masters me couvrant légèrement envoie le tapis, je paie en une seconde : il a une paire de Dix. Le flop apporte un Roi. Chic ! Puis un Dix. Zut ! Je suis mort, le photographe remporte le pot, et finira d'ailleurs par gagner le tournoi.

Mon rêve secret, c'est de pouvoir repartir un jour de Vegas en ayant gagné des sous. Une fois de plus, je peux m'asseoir dessus, on dirait.

Et c'est ainsi que je me retrouve prématurément dehors, marchant en pleine nuit sur le Strip déserté pour rejoindre le Wynn tout proche. Une journée de plus de bouclée, plus tôt que d'habitude. On se rapproche lentement de la conclusion. J'apercois la lumière au bout du tunnel. Pas trop tôt.

Récit de la journée sur WAM-Poker

Bilan au jeu :
Poker : -80$
Total WSOP : mystère

Photos en vrac :


Parmi les dernier people encore en course, avec beaucoup de jetons : Todd Philips, réalisateur de Old School et Road Trip.
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En parlant de people : Nicolas Levi avec Tobey "Spiderman" McGuire
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Les grosses confrontations préflop sont de plus en plus nombreuses : il va falloir s'y habituer. Içi, As-Roi contre deux As

1 commentaire:

Anonyme a dit…

Tu en es ou de ton total poker ?
Zeb