vendredi 6 juillet 2007

Indoor Fireworks

J'ai pris un retard conséquent dans les mises à jour de ce blog. Je profite de l'arrêt-dîner du Day 1A du Main Event pour rattraper un peu de ce retard. L'écriture quotidienne de ces posts me prend bien plus de temps que je ne l'aurais cru. La faute sans doute à ma manie de vouloir écrire un roman entier chaque jour. Enfin, maintenant que j'ai commencé, plus question de faire machine arrière. Allons-y, donc, et sans plus tarder parce que j'ai grave la dalle, nom d'un chien.

Mercredi a ressemblé à une journée de repos, ou tout au moins à une journée de fête : le 4 juillet est en effet le jour de la fête nationale Américaine. Independence Day : une célébration chère au coeur des Yankees. Leur attachement au drapeau est toujours une chose qui choque volontiers les visiteurs Français de passage.

J'ai assisté aux premiers feux d'artifices de la journée dès mon arrivée à l'intérieur de l'Amazon Room : la dernière épreuve programmée avant le Main Event, le Deuce to Seven No-Limit 5000$ avec recaves, a commencé dans un bordel pas possible. Les gros pros, qui consituaient 95% des inscrits, se sont révoltés contre une décision pour le moins étrange des superviseurs concernant les retardataires. Ils ont en effet donné une cave quasi complète aux joueurs qui se sont inscrits à leur arrivée, tandis que les mecs inscrits depuis longtemps (du genre Phil Hellmuth) ont vu leur tapis mis en jeu dès le début de la partie. Du coup, à cause de la structure assez aggressive, leur tas de jetons à fondu a toute vitesse avant qu'ils n'arrivent (vous suivez ?)


Ca a failli tourner au massacre
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Une inégalité de traitement inacceptable, et quand les joueurs se sont aperçus de cela, ils ont collectivement décidé d'arrêter de jouer, avec Daniel Negreanu dans le rôle du leader syndical. Une mutinerie aux WSOP, pas croyable ! Le plus navrant, c'est qu'une fois de plus, Harrah's n'a absolument rien fait pour corriger le tir, et s'est contenté de se retrancher derrière les règles pré-établies. Bref, leurs réglements sont à chier, mais il faut les appliquer quand même. Les WSOP ont commencé dans le chaos, il fallait bien qu'ils se terminent de la même manière ! J'ai développé le sujet sur Poker.fr, cliquez içi pour en savoir plus.

Je m'étais installé devant l'écran de télévision dans le couloir pour suivre la retransmission avec une heure de décalage de la finale à huis-clos de Thierry Cazals (le 1000$ No-Limit avec recaves). Hélàs, avant même que le Toulousain n'apparaisse sur l'écran, le vrai Cazals apparaissait derrière moi et me tapait sur l'épaule : “J'ai sauté au bout de cinq minutes.” Thierry s'est donc assis à côté de moi pour revivre son élimination sur l'écran de télévision. Un moment pour le moins étrange.

Pour diner, nous partons avec Arthur et Jesse de Poker Listings et Rayan, emmenés par Ed. Restaurant Vietnamien – pas le même que la dernière fois. Sur la route, on observe sur le bas-côté les feux d'artifices qui vont bon train. D'après ce que j'ai compris, il n'y a pas trop de célébrations sur le Strip – c'est plutôt l'apanage des fêtes du 31 décembre. Les citoyens de Vegas prennent donc en charge la tâche de célebrer l'Indépendance de leur pays en allumant un peu de poudre à canon : c'est le seul jour de l'année où la possession et l'usage de feux d'artifices et pétards est autorisée.

En sortant du resto, on tombe sur un stand proposant divers produits à exploser (il y en a partout dans les rues.) Rayan demande directement au vendeur ce qu'il a de plus cher et de plus bruyant. On repart avec un “Extravaganza VIP package” à 200 dollars. Petit arrêt par une station-service pour se ravitailler en bières, et la soirée peut commencer.

Il nous faut tout de même d'abord trouver un coin tranquille – fête nationale ou pas, il reste illégal de boire de l'alcool dans la rue aux Etats-Unis. Ed nous emmene sur un terrain vague quelque part à l'Ouest du Strip. Déception : il n'y a pas de fusées dans le carton qui nous avons acheté : leur vente est illégale – décidement – dans le Nevada. Pour trouver des trucs à projeter dans le ciel, il nous aurait fallu conduire jusque l'Utah ou l'Arizona.


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Quoi qu'il en soit, nous avons de la bière chaude à foison et un joyeux tas de feux d'artifices sur les bras, dont il faut tous deux se débarasser, ce qui fut fait dans la bonne humeur, loin du stress des WSOP. Une première fête nationale Américaine d'excellente facture, j'ai envie de dire.


Explosion nucléaire dans le désert
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De retour au Rio à Minuit, je remonte à ma chambre pour faire mes bagages. Mon contrat pour Poker.fr est terminé : il est temps que j'aille prendre mes quartiers au Wynn, où les coyotes de WAM-Poker m'ont réservé une chambre pour la durée du Main Event.

Le Wynn est le bébé de Steve Wynn, le plus célèbre promoteur immobilier de Las Vegas. Après avoir construit puis revendu le luxueux Bellagio, Wynn s'est dit qu'il pouvait faire plus grand, plus beau, plus fort. Le résultat : un hôtel de 60 étages, surplombant le Strip entier, et modestement appelé du nom de son concepteur. Je croyais avoir tout vu du côté hotels pour bourges, et bien pas du tout : le Wynn dépasse tout ce que j'ai pu visiter jusqu'a maintenant.

Ma chambre est au dernier étage : l'ascenseur met une plombe à y monter (et s'arrete une bonne dizaine de fois pour desservir les clients des étages intermédiaires), mais ça vaut le coup : la vue est epoustouflante, avec baie vitrée du sol au plafond. Tout est riduculement luxueux dans cette pièce aux murs peints tendance “chocolat” : deux larges éviers, une cabine de douche transparente, une baignoire à coté, des miroirs partout, un bureau, deux tables, un buffet, des rideaux qui ne s'écartent qu'électriquement, télé plasma (y compris dans la salle de bain), imprimante/fax. Cette avalanche de détails chicos se niche jusque dans les plus petits détails : mon nom est inscrit sur la clé magnétique de l'hôtel, on peut consulter la liste d'attente de la salle de poker depuis la télé de la chambre...


Pour les photos de l'intérieur de l'hotel, rendez-vous au prochain post
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Bref, si je m'écoutais, j'appelerais les mecs de WAM-Poker pour leur dire que je suis malade, et je passerais une semaine dans cette chambre à commander du champagne et des desserts. Le reste du casino est du même acabit : il y a une espèce de foret tropicale devant le batiment, avec une cascade. Il y aussi de la végétation à l'intérieur, et, luxe ultime, des fenetres laissant pénétrer la lumière du jour (du jamais vu à Las Vegas) Tous les restos sont hors de prix, et tu peux courir pour trouver une table de black-jack à 50 dollars. C'est trop bon d'être riche, faudra que je pense à revenir içi quand ça sera le cas.

Je ne sais pas qui a eu l'idée, mais nous avons terminé la soirée avec Rayan et Ed dans.... un strip-club. “Ah”, je vous entends déjà dire, “enfin il se passe quelque chose d'intéressant dans ce blog”. Il se trouve que Chip et Katrina Jett, un couple de joueurs pros un peu has-been, avaient organisé une fête dans un strip-club de seconde zone au milieu de nulle-part . Nous nous rendons donc à l'endroit munis de notre carton d'invitation nous donnant droit à l'entrée et une boisson gratuite. J'ai plus tard appris qu'il y avait eu une fusillade dans ce club il y a un an. Ce qui explique sans doute pourquoi la place est deserte quand nous y entrons.

On tombe sur un type de Bluff qui nous dit que la fête vient de grossir de 50% avec notre arrivée. Ha ha. L'endroit est donc mort de chez mort, mais maintenant qu'on est là, autant essayer de s'amuser. Pour vous expliquer comment marche une boite de strip tease (basée sur mon expérience limitée) : en général, on trouve au milieu de la salle un podium où une ou plusieurs danceuses s'agitent autour d'un poteau. Vous pouvez vous assoir directement face à ce podium, et glisser quelques billets de un dollar dans le string de la madame. Ce soir là, les filles étaient pas super douées, à part une blonde qui a fait des trucs hallucinants. Elle grimpait littéralement au poteau pour redescendre en faisant l'hélicoptère – un truc de dingues. Si vous choisissez de vous asseoir à une table autour du podium, ou au bar, c'est les filles qui vont vous voir directement, et vous proposent une danse privée (“lap-dance”, 20$ la chanson).

Evidemment, comme nous seuls pratiquement les seuls clients du club, on se retrouve très vite entourés d'une demi douzaine de strip-teaseuses, pas très futées, sinon elles ne feraient pas ce métier. Extrait, rigoureusement authentique, de la conversation que j'ai eue avec l'une d'entre elles :

“Alors, tu viens d'où ?
- France.
- Ah, sympa, ça fait partie du Royaume-Uni, non ?
- Non, j'habite en France.
- D'accord, la France, mais c'est au Royaume-Uni, n'est-ce pas ?
- Non, nos deux pays sont séparés par de l'eau, nous sommes en fait deux nations différentes, et on se déteste.
- Ah, zut, j'ai toujours été nulle en maths.
- Tu veux dire en géographie ?
- Ah ouais, t'as raison.”

Ca m'a rappelé les scènes racontées par Manub et Jaybee sur le forum du ClubPoker lors des WSOP 2006. Si la fille faisait semblant d'être aussi stupide, hé bien elle a amplement mérité ses 40 dollars.

Un mec de Bluff Magazine nous a dit au revoir, pour revenir une heure plus tard avec un air penaud. Il nous raconte qu'il a voulu rentrer à pied à son hotel, et qu'un type avec un couteau l'a forcé à lui donner son portefeuille. Il repart, et l'une des filles assises avec nous nous dit : “Hé, mais c'est le type qui vient de passer une heure à acheter des lap-dances dans le salon VIP !” Très bon.

Retour au Wynn à quatre heures du matin. Du haut de mon donjon, j'observe le strip avant m'étaler sur le lit King Size. Plus qu'une journée avant le Main Event...

Récit de la journée sur Poker.fr
Compte-rendu pour MadeInPoker.fr

Photos en vrac :


J'écoute les arguments de Phil Hellmuth pendant la mutinerie (photo Ed/Gutshot)
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De la 33 export Vietnamienne ?
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L'un des stands de "fireworks"
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Jesse fait péter le "Big Timer"
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Arthur se la joue VIP du feu d'artifice
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Cliquez pour voir un fantome
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1 commentaire:

Anonyme a dit…

Salut,

Marrant de voir de la "33" dans un resto viet, là-bas c'est la "333" (se prononce ba-ba-ba)...