lundi 9 juillet 2007

En demi-teinte

Déjà deux jours de bouclés dans le Main Event des World Series of Poker, et je reste un peu sur ma faim. Comment dire.... Oserais-je ? Oui, disons-le franchement : on s'est fait un peu chier durant ces deux derniers jours. Le plus gros tournoi de poker du monde, celui qui courone LE champion ultime, n'a pas démarré avec des feux d'artifices. Pauly, comme d'habitude, a trouvé l'expression qui caractérise le mieux le début de cette épreuve : on à là affaire à un “Main Event sous Valium”, avec peu d'evenements fracassants à raconter. Il est normal que le tournoi, qui va s'étaler sur 11 jours, soit un peu lent à démarrer, mais tout de même, je ne me rapelle pas avoir observé un tel calme en 2006, quand j'avais couvert l'évenement pour PokerRoom et le ClubPoker.

Je me suis réveillé plus tôt que d'habitude samedi matin, un peu nerveux à l'idée de commencer mon nouveau travail pour WAM-Poker. Aurélien Guiglini et Michel Abécassis ont fait appel à moi car ils font confiance à mes capacités à réaliser du bon boulot, et je ne veux en aucun cas les décevoir. Au termes des deux premières journées, je ne suis pas vraiment satisfait du résultat, et je ferai de mon mieux pour améliorer la qualité du reportage lors des prochains jours. Je suis aussi conscient que couvrir le début du Main Event, quand la salle est pleine à craquer, est une tache quasi impossible à effectuer avec une équipe aussi réduite que la notre. Un problème avec le serveur du site m'a considérablement ralenti le premier jour, et j'ai décidé le lendemain d'utiliser mon propre serveur personnel pour stocker les photos.

Jeffrey Pollack a donné le coup d'envoi du Day 1A (selon l'usage, le premier jour a été divisé en quatre parties pour acceuillir le maximum de monde possible) en déclarant au micro : “Cette année, nous avons assisté aux meilleurs WSOP depuis leur création, et ce Main Event sera aussi le meilleur qu'on a jamais vu !” Encore un bel effort d'auto-persuation du commissionnaire des World Series of Poker, qui ne cesse de prendre à son compte l'héritage des Binion, Brunson, Ungar & co pour mieux le piétiner. Je le met au défi de trouver un seul joueur de poker sérieux qui estime que cette mascarade marketing représente une amélioration par rapport aux 35 années d'Histoire qu'a accumulé le Binion Horseshoe avant de rendre l'âme en 2005.


Jack Effel (directeur du tournoi) avec Jeffrey Pollack (fossoyeur du tournoi)
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Pollack a ensuite passé le micro à une célébrité qui a lancé le départ de l'épreuve par le traditionnel “Shuffle up and deal !”. Enfin, “célébrité”, faut le dire vite car la popularité du comique Georges Wallace n'a, il me semble, jamais traversé les frontières des Etats-Unis. Dans “World Series of Poker”, il y a le mot “World”, et l'on aurait pu penser qu'ils auraient fait appel à quelqu'un de réellement connu mondialement pour lancer le départ de la plus grande épreuve de la planète, un joueur de poker légendaire, par exemple ? Non, au lieu de ça, il faut qu'ils nous collent un has-been en représentation tous les soirs dans l'un des casinos d'Harrah's.

La question qui me taraudait depuis plusieurs mois était l'affluence au Main Event cette année. Une heure à peine après le départ du Day 1A, les tables de cash-games étaient déjà ouvertes dans l'Amazon Room. Pas bon signe. Confirmation après le second niveau avec la publication des chiffres officiels : cette première journée n'avait attiré que 1287 joueurs, confirmant la baisse de la participation par rapport à 2006. Tout le monde s'y attendait après les récentes lois mettant à mal le poker en ligne, et donc les qualifications par Internet. Mais force est de constater que c'est la première fois depuis la création des World Series of Poker que le nombre d'inscrits au Main Event baisse d'une année sur l'autre (à une rare exception près dans les années 80). La croissance exponentielle du poker, c'est terminé pour le moment. Et dire que Harrah's se tenait prêt pour acceuillir 3000 joueurs par jour, ajouant même une quatrième journée de départ !

Le lendemain, pour le Day 1B, un peu plus de joueurs étaient au rendez-vous : 1545. Au terme des deux journées, environ 60% des partants avaient sauté, ce qui est énorme pour une compétition aussi bien structurée (20,000 en jetons au départ, blindes 50/100 et des rounds de deux heures). Le niveau de général est donc toujours aussi faible pour l'épreuve censée être la plus prestigieuse du monde : un phénomène que l'on constate depuis 2004, année du boom poker instigé par Chris Moneymaker. Le Main Event est l'épreuve auquel chaque joueur amateur rêve de participer au moins une fois dans sa vie. En général, quand l'amateur réalise enfin son rêve, après avoir eu quelques coups de cul monstrueux dans un tournoi de qualification, c'est pour se faire éliminer rapidement lors du premier jour et repartir la queue entre les jambes, mais avec une bonne histoire à raconter.

Comme d'habitude, des tonnes de stars du poker n'ont pas passé la première journée, parmi lesquelles Doyle Brunson, Ram Vaswani, Amarillo Slim, Eli Elezra, et une bonne centaine d'autres.

Le chip-leader après la conclusion des deux premières journées de départ (sur quatre) est un Français dont je n'ai jamais entendu parler. Bigre ! Je fais mal mon boulot, on dirait. Olivier Tintel, c'est son nom, n'est heureusement pas un joueur professionnel (sinon, j'irais me pendre pour incompétence) et une rapide recherche sur Google nous indique qu'il pourrait, ou ne pourrait pas être, mais y'a des forts soupçons, le représentant de la marque Adidas pour l'équipe de France de Football. Quoi qu'il en soit, Olivier a terminé le Day 1A avec un tapis énormissimme de 270,500, loin devant tout le monde. Il a multiplié son tapis par 13 en 13 heures de jeu : chapeau l'artiste. Ne nous affolons pas, cependant : le tournoi dure 10 jours et pour avoir un tapis moyen en table finale, il faudrait accumuler plus de 13 millions en jetons.

Il y avait une petite quinzaine de Français à suivre au départ de chacune des journées. Sans compter bien sur tous ceux qui se sont qualifiés sur Internet et dont je n'ai jamais entendu parler, ce qui rend ma tache difficile, voire impossible lors des premières journées. Je ne dispose pas, hélàs, de don de divination et me contente donc lors de ces multiples Day 1 de suivre les joueurs que je connais déjà, ce qui me donne suffisamment de travail. Claude Cohen et Nicolas Levi ont réalisé les meilleurs perf' Françaises lors des Day 1A et B (excepté Tintel bien entendu), se hissant respectivement à 106,000 et 117,000. Claude est toujours impressionnant à suivre quand il se monte un gros tapis, et j'espère qu'il ira plus loin. A Deauville en 2006, il avait réalisé un parcours de maître avant d'exploser en vol juste avant les places payées.

Mon pote et collègue Aurélien “Guignol” Guiglini a terminé la journée avec un honorable tapis de 52,900 (tout le monde avait commencé avec 20,000). Guignol avait eu du mal a trouver le sommeil la nuit précédente, et s'est allongé sur un banc dans le couloir lors de l'arrêt diner. Le lendemain, il s'est pointé à l'Amazon Room, cette fois-ci pour me filer un coup de main pour le reportage pour WAM-Poker, ce qui a donné un coup pouce bienvenu à mes articles, qui ont comporté plus de descriptions de coups interessants.

Les deux stars que je devais suivre avec attention n'ont pas fait long feu, dommage. Patrick Bruel a sauté au bout d'une heure et demie, avant même que j'aie pu avoir le temps de le prendre en photo, à la suite d'une combinaison imparable de décisions douteuses et de malchance. Michel Abécassis, lui, a joué le bon poker qu'on lui connait, mais a été très malchanceux sur son dernier coup.

Bruno Fitoussi remporte le titre du meilleur grimpeur du Day 1B, ayant survécu après avoir vécu l'enfer durant quinze heures. Il termine à 47,100. Il était tombé aussi bas que 2,000 durant la journée. Pascal Perrault sera présent lors du Day 1 avec un tapis de 29,000. J'ai passé l'année qui vient de s'écouler à couvrir les sorties prématurées de PP le Bandit lors des épreuves EPT, et ça fait plaisir de voir que sa malchance a décidé – pour le moment – de se faire un peu plus discrète. Moins de réussite pour mon pote Thomas “Fougan” Fougeron, qui a sauté à la fin de la journée sur un coup à la con (comme d'habitude).

Jeff Madsen, révélation des WSOP 2006 (4 tables finales, dont 2 bracelets) portait pour son Day 1 un costume rouge de... bouffon à la suite d'un pari perdu avec Gavin Smith et Joe Sebok. Ce dernier, vainqueur du pari, devait faire son entrée dans l'Amazon Room vétu d'une cape de Roi, porté sur une chaise par les deux perdants, mais Gavin Smith ne s'est jamais pointé au Rio. Sebok n'était pas content – on le comprend, un pari est un pari. Madsen a donc passé la journée engoncé dans ce costume inconfortable et ridicule. Mitraillé par les photographes toute la journée, il a plutot bien pris la chose, même s'il ne cessait de gigoter (le tissu devait gratter, je suppose), rendant vains mes espoirs de prendre une photo nette avec mon petit appareil numérique. Madsen a tout de même tenu la distance jusqu'au bout de la journée, terminant avec un tapis de 60 000.


Jeff Madsen a payé cher un été catastrophique aux WSOP (photo floue copyright moi-même)
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Une fois de plus, Vinny Vihn ne s'est jamais présenté au Rio pour disputer le Day 1A.... Jamais deux sans trois. Quand ses amis se sont apercus de son absence, ils ont été parler avec les superviseurs qui ont retiré ses jetons de la table et remboursé son inscription. Les 10,000 dollars sont disponibles à la caisse et Vinny a donc, s'il le souhaite, la possiblilité de participer au Main Event lors des journées restantes, ou de simplement récuperer son argent. Dans ce cas, j'ai une petite idée que ce qu'il va faire avec le fric, et je ne trouve pas ça marrant du tout.

L'acteur comique Brad Garrett était au départ du Main Event. Je ne le connais pas, mais apparemment il a été rendu célèbre dans la série “Everybody Loves Raymond”, que je n'ai jamais regardée. Quoiqu'il en soit, Garrett est un vrai rigolo qui n'a cessé d'amuser la table et les observateurs tout au long de la journée. A un moment, il a lancé : “J'ai besoin d'un massage... Mais je n'ai pas envie d'en profiter seul !” Joignant le geste à la parole, il a fait venir 10 masseuses, une pour chacun des joueurs de la table, et a payé pour le tout.

Le jeune professionnel Mark “Newhizzle” Newhouse a plusieurs personnes qui lui doivent d'importantes sommes d'argent, non remboursées depuis des mois, et ça commence à bien faire, car le mec est lui aussi dans la galère, ces temps-ci. Lors du Day 1A, il a été plusieurs fois réclamer son pognon à l'un de ses débiteurs, Dustin “Neverwin” Woolf, allant jusqu'à shooter un rack de jetons dans la direction de Woolf. Les superviseurs lui ont fermement demandé de ne plus s'approcher de la table de Neverwin.

Kirk Acevedo, qui jouait le personnage de Miguel Alvarez dans la série Oz, a fait une brève apparition lors du Day 1A avant d'être éliminé. J'adore cette série et c'était amusant (et bizarre) de voir en personne l'un de ses héros. Si James Gandolfini participait un jour à un tournoi pro, je crois que je fondrais en larmes de bonheur.

David Singer a fait tout un pataquès suite à son élimination lors du Day 1B. Avant de payer sa mise à tapis sur le flop, un joueur a sorti son téléphone de sa poche pour couper la sonnerie. Singer a perdu le coup et donc sauté du tournoi. C'est là qu'il a commencé son tintouin. Citant les règles (qui stipulent qu'il est interdit de se servir de moyens de communication electroniques lorsque l'on participe à un coup), l'ancien avocat a demandé à ce que la main de son adversaire soit annulée, lui permettant ainsi de se sauver de l'élimination. Les superviseurs ont vérifié les cassettes des caméras de sécurité, et ont pu constater que le joueur n'avait en aucun cas sorti son téléphone pour recevoir un appel ou message, mais juste pour faire cesser la sonnerie. Singer, furieux, ne va pas en rester là : il a annoncé qu'il ferait appel à la commission des jeux du Nevada pour obtenir gain de cause. Je trouve ça plutot gonflé. S'il avait gagné le coup et survécu, aurait-il remué ciel et terre de la même manière ? A mon sens, les règles sont fait pour être interprétées, pas pour être appliquées de manière bête et méchante. Une fois qu'on a prouvé qu'il n'y avait pas eu intention de faute, comme içi, l'affaire est close.

Mon amie Jennifer Mason de BlondePoker était au départ du Day 1B. Il y a trois mois, lors de l'EPT de Monte-Carlo, Roland de Wolfe avait parié qu'elle ne pourrait pas s'arreter de fumer jusqu'au Main Event. Fumeuse invétérée, Jen a brillamment rempli son contrat et Roland, qui déteste la clope, fut plus que content de tenir sa promesse en sortant de sa poche les 10,000$ pour l'inscrire à l'épreuve. Malheureusement, Jen a sauté à la fin de la journée et est donc de retour en salle Média pour couvrir l'évenement, au lieu d'en faire partie.


Aux dernières nouvelles, Jennifer n'a pas l'intention de recommencer à fumer
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En parlant de la salle Média, celle-ci est désormais officellement archi-bondée. On se marche dessus, et il est désormais difficile de trouver une place si l'on arrive pas à l'heure. Et n'esperez même pas trouver une prise éléctrique. Des tables supplémentaires ont été rajoutées en catastrophe dans le couloir (bruyant et bondé, mais heureusement, il y a un cordon et un garde de la sécurité filtre l'accès).


"We gonna need a bigger boat."

Les superviseurs nous ont communiqué de nouvelles règles à l'attention des Médias, en ce début de Main Event. Des aménagements ont été rendus nécessaires par l'affluence cette année : plus de 600 badges de presses ont été distribués.

En gros, pour résumer les points qui me concernent :

- Une fois les places payées atteintes, aucun journaliste muni d'un badge pourpre (le plus bas niveau, et le plus répandu, j'en fais partie) ne sera autorisé a pénétrer le périmètre du tournoi. Dix badges spéciaux seront fournis par les superviseurs, et nous devrons nous les passer entre nous. Ces badges ne permettront qu'un accès de 15 minutes maximum entre les tables. A ce moment, je viens juste de commencer ma lecture du communiqué et j'ai déjà envie de vomir. En gros, on nous fout dehors au moment où le tournoi va commencer à devenir interessant : quand il ne restera que 60 tables environ.

- Deuxièmement, seuls 5 (cinq !) places seront disponibles près de la table finale pour les badges pourpres. Là encore, l'accès sera limité à 15 minutes maxi. L'argument avancé est que l'ensemble des places dans les gradins seront reservés à la famille et aux amis des 9 finalistes, ce qui n'était absolument pas le cas l'an passé.

“Bullshit !”, je me suis écrié. De la merde ! Je veux bien comprendre que des centaines de journalistes soient arrivés ces derniers jours, et qu'il n'y aura pas de place pour tout le monde. Mais c'est un véritable manque de respect pour ceux qui, comme moi, sont là depuis le début. J'estime qu'Harrah's devrait faire la différenciation non pas selon la couleur du badge, mais selon le temps passé à couvrir l'évenement. Avoir passé 5 semaines jour et nuit à bosser au Rio pour m'entendre finalement dire aujourd'hui que je ne pourrai pas assister à la table finale de l'ultime épreuve : bravo et merci, les gars. Pauly n'a pas loupé une miette de mes pleurs, et m'a cité le lendemain dans son blog. Le mec de Pokulator m'appelle désormais “the Bullshit guy".

Le grand sujet de discussion en ce moment, c'est la chaleur, proprement incroyable, qui règne dans le désert. Même les locaux se plaignent : c'est un signe qui ne trompe pas. La vague de chaleur a envahi toute la côte Ouest des Etats-Unis, tandis qu'au Texas et en Oklahoma, ce sont la pluie est les innondations qui ménacent les habitants. Cinq minutes à peine passées dehors pour fumer une cigarette avec les croupiers, et j'ai déjà l'impression de cuire. On pourrait littéralement faire cuire un oeuf sur le bitume. Je ne me suis pas rendu compte de l'ampleur du phénomène jusqu'à que j'ai lu l'article (en première page, pas moins) du Las Vegas Review Journal : les tempatures ont atteint jusqu'à 122 degrés Farenheit ces derniers jours. Une rapide conversation sur Google me fait tomber à la renverse : cela correspond à 50 (cinquante !!!) degrés Celcius ! Nom de Dieu ! Je n'ai pas l'habitude d'un temps pareil. A Lille, on s'estime chanceux quand la température atteint la moitié de ça : les terrasses sont noires de monde, tout le monde fait la fête et sort se promener en siffolant que la vie est belle.

Il y a trois jours, un type d'une cinquantaine d'années s'est pointé au casino New-York New-York peu après minuit. Il a grimpé l'escalator menant à la mezzanine, dégainé un pistolet automatique et tiré dix fois dans la foule, blessant quatre personnes, dont un gamin de 12 ans (heureusement, ils vont tous s'en tirer). De courageux passants ont désarmé le forcené avant qu'il ne tue quelqu'un, et il a été aussitôt arrêté et placé en détention. Les motifs de son geste restent inconnus. J'étais au NY-NY il n'y a même pas deux semaines, et je frissonne à l'idée que ce genre de drame peut arriver à tout moment dans n'importe casino de la ville, y compris à l'intérieur de l'Amazon Room.

Hé ! C'est le plus long article que j'ai écrit pour ce blog depuis sa création. Paie tes 17,000 signes, gros.

Le Day 1A sur WAM-Poker
Le Day 1B sur WAM-Poker

Photos en vrac :


La superbe Stéphanie (alias "Cléopatre"), croupière à l'Aviation Club de France, était au départ du Day 1A
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La mascotte représentant la "cacaouhète officielle des WSOP" : non, non, ce n'est pas une blague, ils ont réussi à tomber aussi bas

2 commentaires:

Nicolas a dit…

Merci de ce compte-rendu Benjo :o)
Je comprends que tu aies la haine par rapport à la réaction des organisateurs...

Et prépare toi au choc thermique en rentrant dans le nord !!

Thomas-Louis a dit…

"Une rapide conversation sur Google me fait tomber à la renverse"

Tu voulais pas dire conversion par hasard ?

Désolé pour le retard, je lis le blog avec 18 mois de retard