dimanche 1 juillet 2007

Où l'on ne parle guère de poker

Et vous appelez ça une journée de repos ?.... Après l'épique table finale du HORSE qui m'a laissé à genoux, ce n'est qu'à 10 heures du matin que je me suis allongé et suis aussitôt tombé dans un sommeil profond, rempli de rêves de cartes, jetons et tas de billets verts. Réveil pâteux à.... 17 heures, ouch, la journée est quasiment finie !

La première chose que j'ai faite, c'est bien entendu de me rendre en salle de presse, m'attirant les regards étonnés des collègues qui se demandent ce que je fous là. Que voulez-vous, on ne se refait pas.

Ed s'éclipse avec moi et on part pour une petite ballade en bagnole, histoire de se changer les idées. Il n'a pas encore eu de vraie journée de pause non plus depuis le début des WSOP. Après un détour par un centre commercial à soldes (l'un de ces fameux “Outlets”) où je n'ai rien acheté, nous nous rendons dans un endroit méconnu de Las Vegas, qui m'est cher : le Pinball Hall of Fame Museum, à 5 kilomètres à l'Est du Strip sur Tropicana Road. C'est un peu mon endroit préféré parmi tous à Vegas, vu que je suis moi-même collectionneur de flippers. Enfin, bon, je n'en possède que deux, par manque de place et d'argent. (J'en avais un troisième que j'ai vendu il y a peu). Oui, parce qu'il faut le savoir, être collectionneur de flippers, ca à l'inconvénient de 1/ couter très cher et 2/ de prendre beaucoup de place. Vraiment beaucoup.

Tim Arnold, lui, n'est pas un pérave puisqu'il en possède plusieurs centaines dans un hangar de Las Vegas. En vrai cramé, il a commencé sa collection à 14 ans et ne s'est jamais arrêté depuis. Son musée, qui expose 180 de ses plus belles machines, et une organisation à but non lucratif. Tous les profits générés par l'opération vont directement dans la poche de l'armée du salut. Bien entendu, ce musée serait parfaitement inutile si l'on n'avait pas le droit de toucher aux machines. Eh bien oui, on peut jouer, jusqu'à plus soif et ce pour à peine un quarter (25 cents) la partie. Et les machines sont en bel état, restaurées avec minutie. Un vrai travail de passionné qui rend hommage à toutes les époques du flipper : les 100% mécaniques de années 50, l'arrivée de l'electronique durant les eighties, et pour finir, l'introduction des écrans Dot Matrix durant les années 90. Avec en prime quelques raretés, objets incongrus et pièces de collection. Plus quelques bornes d'arcade ont été ajoutées pour faire bonne mesure, sans oublier les indispensables distributeurs de bonbons. J'adore, j'adhère.


180 machines fabriquées entre 1940 et 2006.... à mourir de bonheur
blanc
Bref, un endroit à ne manquer sous aucun pretexte si comme moi, vous avez passé votre enfance à vous incruster en douce dans les bistros pour vous faire une partie en douce avant de se faire chasser. (Oui, je trahis mon jeune âge, là : quand je suis arrivé au lycée, il n'y avait plus de machines dans les bars. Pas d'après-midi passées à sécher au bistro d'en face en éclusant les demis sans mousse)

Se rendre à l'endroit est plus facile si vous disposez d'une voiture. Sur le strip, tournez sur East Tropicana en direction de l'Aéroport. Le musée se trouve au numéro 3330, du côté gauche de la route. Si vous y allez en taxi, il faudra prendre le bus pour revenir, où demander le numéro de téléphone du chauffeur pour qu'il revienne vous chercher. (Site Web)

Je montre à Ed quelques machines mythiques (Twilight Zone, Addam's Family, Black Knight... dieu que c'est bon), puis il est temps pour lui de retourner au Rio pour bosser. Il me dépose au Bally's où je retrouve Rayan. On se rend au New York New York pour essayer le roller-coaster, que j'avais déjà fait avec Fougan il y a 3 ans. Bon, ben j'ai été pas mal déçu, j'en avais un meilleur souvenir. Il me semble qu'ils ont modifié le parcours. C'est lent et surtout très court, une minute trente à peine. Bref, ça vaut pas le coup.

En sortant, j'élabore un super plan qui marche à tous les coups [sic] : tiens, et si on allait faire un peu de black-jack, histoire de gratter quelques jetons pour se payer une bonne bouffe au Bellagio ce soir ? Banco, deux minutes plus tard, nous sommes assis à la table à 25 dollars, après avoir aperçu Patrick Bruel, sapé comme un prince, surement en quête d'un rendez-vous galant. (Enfin, j'imagine. Qu'est-ce qu'il foutait là ?)

Evidemment, 20 minutes plus tard, j'ai paumé 400 dollars après avoir subi les invectives incessantes de la croupière la plus méchante de Las Vegas, qui m'a rappelé 50 fois à l'ordre chaque fois que je faisais le moindre pas de travers (du genre, avoir le bras 1 cm trop avancé sur la table). Sans déconner, si le personnel d'un casino ne peut même pas faire l'effort d'être sympa avec les perdants, il ne mérite pas mon pognon. Aucun sens de la clientèle, bande de fumiers, va. Rayan, qui s'est fait saigner aussi, avait pris 50% de mon action, donc je n'ai perdu que 200. Ah ah, “que” 200. Seulement. On se casse, et j'ai envie de tuer quelqu'un.

Direction le Bellagio où la SteakHouse (chaudement recommandée par Antony Lellouche) impose un dress-code un peu trop strict, et où le Olive's est fermé. Cependant, ils nous aiguillent vers une cantine qui ferme un peu plus tard, le FIX.

Excellent choix : ce resto très hype (situé juste à coté du night-club, le Light) possède une ambiance fort agréable. Eclairage sombre, musique sympa, serveuses à tomber (je suis amoureux de la fille derrière le bar) cocktails qui te montent à la tête vite fait, et la bouffe est magnifique. Sérieux, ce NY sirloin steak... Miam. C'est comme si y'avait une bamboula dans ma bouche et que tout le monde était invité. Par contre, c'est très cher.

Détour obligé par la salle de poker, puisqu'on est sur place, autant en profiter. Bruno Fitoussi est assis à une 300/600 Limit Mixed Games avec Jason Lester et David Grey. Il est en train de s'empiffrer un steak et me serre chaleureusement la main. Une quinzaine d'heures à peine après avoir loupé de si peu une victoire historique, Bruno est radieux. “Je ne réalise pas encore ce qui s'est passé. Ce matin, j'ai dormi à peine quatre heures. Je me suis reveillé pour trouver 80 messages sur mon portable. J'ai bossé toute la journée, et me suis retrouvé ensuite assis à cette table, et depuis je gagne chaque coup que je joue.”

Il s'avère que Fitou n'est absolument pas déçu d'avoir terminé en seconde place. Je lui ai parlé du forum du ClubPoker où les messages d'encouragements ont afflué par milliers. Il était très touché. Il est clair que ce type là a vécu un kif d'une ampleur phénoménale, le genre de trip que tout joueur de poker rêve de vivre un jour. Et il nous a aussi fait kiffer, par la même occasion. J'ai hâte de revivre tout ça lors de la diffusion à la télé...

De retour au Rio où je tombe sur Thomas Fougeron, alias “Fougan”, qui vient d'arriver et m'a l'air bien amoché par le décalage horaire. Il est accompagné de Pascal Perrault (quand ne l'est-il pas ?) et ils s'apprêtent à jouer quelques satellites pour la forme. J'ai hâte de revoir jouer mon pote lors de tournois WSOP – si je suis içi, c'est un peu (beaucoup) grâce à lui.

Avec Rayan, je termine la soirée au bowling du Gold Coast – un autre de mes endroits fétiches, où je perds 50 dollars en jouant la plus mauvaise partie de l'histoire du bowling amateur. Pour me voir jouer comme une merde à n'importe quel jeu d'adresse, c'est très simple : il suffit de miser n'importe quelle somme d'argent, et je perdrai à tous les coups, destabilisé par l'enjeu.

Sinon, au cours de notre longue nuit passée à couvrir le HORSE, Pauly et moi avons discuté existentialisme à l'occasion d'une pause nictonine. On dirait que j'ai apporté la lumière sur le bon docteur, à qui j'ai raconté une anecdote Sartrienne tandis qu'il tirait sur sa pipe à haschisch :

"During one of the breaks of the HORSE event, I went outside for a few minutes for a smoke break. It was around 3am and Benjo told me a weird story regarding John-Paul Sartre. I actually started the conversation by asking him something about Sartre. I think it was about him banging Simone de Beauvoir. Anyway, Benjo told me how Simone de Beauvoir made him take a holiday in Southern France because he was too burnt out after experiencing hallucinations, specifically one about a lobster following him around. He had been doing too much mescaline and was feeling the residual effects of that drug. For years the lobster would follow him around and he made the decision that he was not going to see the lobster any more... and the lobster vanished and ceased to exist anymore.

I had a moment of clarity and finally figured it out. Everything. Especially what Sartre was trying to teach us... that we have to make a choice in life. And not just about what we do, but what we believe, and the values we hold. Those choices are not going to be made for us or nor should they be dictated by those around us. He decided to stop seeing the lobsters and they were gone."

J'adore le fait que nous soyons tous immérgés à 100% dans le monde du poker, jour et nuit, mais qu'en même temps nous arrivons à avoir en permanence ce genre de conversations surréalistes loin des cartes et jetons. Ca me rassure quelque peu quand à mon état de santé mentale : il y a vie après ce jeu...

Bilan au jeu :
Black-Jack : -200$
Bowling : -50$
Total WSOP : dans le rouge

4 commentaires:

Romain a dit…

Un de tes meilleurs posts, on sent que tu t'es reposé.

Bon courage benjo, et a la prochaine

Anonyme a dit…

Tu as des photos de la fille derrière le bar ?
Zeb

G-Rem a dit…

Bon je me mets à l'anglais et je viens te donner un coup de main l'année prochaine !!

Sinon, j'espère que la femme de Bruel ne lit pas ton blog... Sinon elle va etre aux anges.

Salsac a dit…

Effectivement "Fougan" est un mec bien.

Pierre