jeudi 14 juin 2007

Une semaine de bouclée

Mardi marquait ma 6e journée consécutive à couvrir les World Series of Poker, et donc la conclusion de la première de mes six semaines à Vegas. Les journées ont défilé à toute vitesse, et si je ne prenais pas le temps de récapituler mes faits et gestes sur ce blog chaque jour, j'en oublierais surement les trois-quarts, chaque journée ayant tendance à ressembler comme deux gouttes d'eau à la précédente. Tous les évenements se diluent pour ne plus former qu'une bouillie compacte dans ma mémoire. L'un de mes films préférés de tous les temps est “Un Jour sans Fin” avec Bill Murray. Après une semaine à peine, je commence à m'identifier au personnage du film, une pensée déprimante quand on songe qu'il me reste encore 5 semaines à tenir.

Je me pointe tous les matins au Rio pour regarder des types jouer aux cartes. Je prends des notes, reviens frequemment à mon ordinateur pour les mettre en forme, entrecoupé de pauses clopes (j'ai trouvé une porte dérobée qui mène rapidement à l'extérieur du casino, par l'entrée des employés) Quand la journée se termine vers 2 heures, je rentre au Bally's, m'effondre sur le lit et me reveille à 8 heures pour écrire un compte-rendu. Puis, je me pointe au Rio pour regarder des types jouer aux cartes. Quand la journée se termine vers 2 heures, je rentre etc, etc, etc...

Concernant mon travail, je ne suis pas entièrement satisfait – mais le suis-je jamais ? Le site pour lequel j'écris actuellement, MadeInPoker, marche bien et Fabrice à l'air content de mon boulot. Mais je suis beaucoup moins efficace que d'habitude. Normalement, je ne suis censé couvrir qu'un seul tournoi à la fois, et j'ai déjà été plutot satisfait du résultat dans le passé, par exemple lors de la finale EPT à Monte-Carlo, le WPT du Bellagio ou le Grand Prix de Paris, couverts pour Team770 ou le ClubPoker.

Içi, aux WSOP, il y a jusqu'a 6 tournois qui tournent simultanément, et en courant plusieurs lièvres à la fois, je dilue mes efforts. Au final, au lieu de faire une seule chose bien, j'ai l'impression de faire 6 trucs pas terribles. Je vais bientot commencer à faire plus de “direct” dans mes comptes rendus dans quelques jours, quand je vais écrire pour Poker.fr, et dois donc réflechir à une méthode qui me permettre de travailler plus efficacement.

Mardi a été une journée épuisante – à vrai dire, j'étais déjà crevé au reveil, vers 8 heures. A minuit, après 12 heures passées à bosser, mon bide me faisait souffrir, j'avais mal aux crane et des crampes aux mollets. La faute sans doute à une alimentation déplorable. Malgré mes résolutions, mon régime ferait peur à n'importe quel nutritioniste. Non seulement je mange mal (pas de fruits, pas de légumes, pas de laitages, ou presque, bref aucun des trucs sains qu'on est censé manger en quantité), mais en plus je ne mange pas assez. C'est un truc que j'ai remarqué quand je travaille sur un tournoi. Quand je suis concentré à 100% sur la tache en cours, je n'écoute pas les signaux que m'envoie mon corps et oublie littéralement de manger.

Néanmoins, aidé par de nombreuses tasses de café (quoique, après la 6e je commencais à avoir la tremblote et à perdre le fil de mes idées), j'ai bouclé mon article pour LivePoker et l'ai envoyé vers une heure et demie du matin.

Dans le meme temps, j'ai jeté un oeil rapide aux différentes parties. La finale du Ladies Event se déroulaient à huis-clos (cette histoire de tables finales privées pour permettre la diffusion en direct sur le Web sera j'en suis sur reconnu dans le futur comme l'un des plus grands plantages des WSOP) C'est donc une femme qui a gagné le Ladies Event, ce qui a surpris tout le monde (ou pas).

Mon pote Gabriel Nassif jouait sa première finale des WSOP dans le tournoi de limit à 5000$. Il fut malheusement sorti le premier après quelques coups à peine. Il remporte 20,000 dollars quand meme. Gabriel est l'un des joueurs les plus sympas que je connaisse. Un vrai gentil dans un milieu rempli de connards, de faux culs et d'escrocs qui vendraient leur grand-mère pour se faire un euro de profit. Pour vous donner une idée de la coolitude du personnage : lors du Grand Prix de Paris en mai dernier, Gabriel est venu me donner un coup de main pour la couverture en direct, restant toute la journée à mes cotés, et ceci pendant quatre jours de suite. Imaginez un peu le tableau : un mec qui joue de grosses sommes sur Internet, un joueur professionnel qui dispute les plus grandes compétitions, se pointant à l'Aviation Club de France dans le seul but de rester planté devant une table à noter des coups et à me les rapporter, juste pour le fun, et sans rien demander en contrepartie. Qu'on se le dise, je ne pourrais meme pas compter sur les doigts de ma main gauche le nombre de joueurs de son niveau qui seraient prets à faire ça. C'est le genre de personnage qu'est Gabriel, et je suis très heureux de le voir faire de bons résultats (meme si cette 9e place a du etre quelque peu décevante)

Vers une heure du mat', avant de partir, j'ai suivi le second round du Triple Shootout (un tournoi organisé sous forme de trois “Sit'N'Go” successifs) pour voir Negreanu battre le Néerlandais Rob Hollink en tete à tete, accedant ainsi à sa premiere finale ce mois-ci. Assis à une table adjacente, j'ai discuté de tout et de rien avec le webmaster de PokerBiz (lien ci contre), un blog excellent qui relate l'actualité du poker par le petit bout de la lorgnette, revelant ce qui se passe dans les coulisses de l'industrie. Le site à démarré il y a 6 mois à peine mais est déjà un incontournable – j'attendais ce genre de concept depuis longtemps, un peu lassé par les copiés-collés de press release consensuelles de Card Player & co. On discute de l'avenir des WSOP – il pense que c'est de pire en pire chaque année, et j'avance la théorie que Harrah's a peut etre envie de se débarrasser d'un bébé devenu trop encombrant. On conclut que ce serait pas plus mal que les WSOP changent de propriétaire.

Je prends une bière avec Stephen de Gutshot, qui a déjà terminé son contrat après une semaine, et rentre donc à Londres. Il était venu en dernière minute pour remplacer son supérieur, cloué au lit par la grippe. Il m'a proposé d'écrire des articles pour Gutshot.com, sur le sujet de mon choix. (“Tu peux écrire sur n'importe quoi !”, qu'il m'a dit. Je lui ai proposé une étude psychologique de ma passion dévorante pour le Kneo à Vegas, et il m'a répondu qu'il adorerait lire un article là dessus) Il a lu mes articles écrits pour Card Player Europe et considère que mon niveau d'Anglais est plus que suffisant pour etre publié sur un site de qualité tel que Gutshot. Très flatteur.

Sinon, Pauly m'a brisé le coeur en me proposant de rejoindre l'équipe de PokerNews pour le restant des World Series of Poker, et ainsi faire partie du média détenant les droits exclusifs. Apparemment ils manquent de bras pour rendre compte de l'action en direct, et un type experimenté comme moi leur apporterait un coup de main bienvenu. Bref, Pauly m'a fait l'offre que dont je revais depuis deux mois, mais beaucoup trop tard. Bosser pour le média exclusif sur le plus gros tournoi de poker du monde, il n'y a pas de meilleure position dans ce business, dans ma position. D'autant plus qu'il y a potentiellement un salaire très interessant à la clé, beaucoup plus que ce que j'ai pu jamais gagner. Et pourtant, j'ai du refuser, furieux. Abruti !, me suis-je exclamé. Pourquoi tu viens me dire ça maintenant, quand il est trop tard ! Tu pouvais pas m'envoyer un mail il y a 2 mois ? J'ai déjà accepté (au moins) trois jobs différents pour les WSOP et ne peux décemment pas en rajouter un par dessus, qui plus est aussi preneur et exigeant. Enfin, j'imagine que techniquement, je pourrais envoyer chier à la dernière minute des mecs proéminents dans le monde du poker Français tels que Fabrice Soulier, Loic Sabatte et Michel Abecassis (mes 3 “patrons” pendant les WSOP), mais ensuite il ne vaudrait mieux pas que je remette les pieds en France, parce que ma réputation et mon intégrité seraient complétement niqués. La mort dans l'ame, je refuse donc son offre et lui fait jurer de m'en parler plus tôt la prochaine fois. Pauly va essayer de voir s'il est possible que je fasse équipe avec lui lors des prochaines grosses compétitions Européennes (le circuit Européeen, déjà chargé, va prendre encore plus d'ampleur dans les mois qui viennent, avec l'arrivée des WSOP à Londres et du WPT en Espagne) Autant dire que là, ce serait le bonheur total et je croise les doigts pour que ca débouche sur quelque chose.

Bilan au jeu :
Pari stupide avec Rayan : - 50$
Total : +186$

2 commentaires:

RK a dit…

English only at the tables, please !

Anonyme a dit…

et pour un cassoulet en plus de la choucroute on ne peut pas avoir son mail ?