lundi 18 juin 2007

Détente

Samedi, je n'ai quasiment rien foutu pour l'excellente raison que j'avais décidé de prendre une journée de congé. Réveillé à quatorze heures, crêpe au Nutella, et deux heures en plein soleil à la piscine du Paris Hotel. Le DJ fait cracher du R'n'B à plein tube. Plein de poseurs baraqués genre footballeur Américain, avec les cheerleader qui vont avec. Sensastion étrange tandis que je nage au pied de la Tour Eiffel. Il fait très très chaud, 42 degrès au moins. L'été est là, pile à l'heure. Ca fait du bien.

Après, je décide de m'asseoir à la table pour une petite session de cash-game au Bally's. Blindes 1/2$, je me cave au maximum : 300 dollars. Nous sommes Samedi, c'est la journée des touristes. Je me rapelle la fameuse citation du film “Les Joueurs”, mais en inversé : au bout d'une demi-heure, je n'ai toujours pas repéré le bon joueur à la table. L'ambiance est bonne, les touristes sont sympas et la serveuse apporte les verres en flux tendu.

Je me lève au bout d'une heure, gagnant de 130 dollars. J'en reverse la moitié à Rayan, qui avait pris la moitié de mon action. Je sais que c'est problablement une mauvaise idée de renoncer à la moitié de mes gains dans une partie où mes chances de perdre sont très limitées, mais j'étais là pour m'amuser. La prochaine fois, je jouerai sans doute avec mon argent.

Trois coups en particulier valent la peine d'etre relatés içi (pour les non initiés, vous pouvez sauter les 3 paragraphes suivants) :

#1 : Je limpe au bouton avec 63 de coeur pour 2 dollars. Le petit blind, un Ecossais qui vient de s'assoeir, relance 5$ de plus, c'est payé par mon voisin de droite, bien entendu je paie aussi et nous sommes 3 à voir le flop KQJ, flop magnifique pour ma main [sic]. Le petit blind mise 10, mon voisin passe, et je me dis “bon, toi coco, tu va pas venir me casser les couilles avec ta mise à la con. Je te paie et je blufferai ensuite” (Oui, je suis très grossier quand je me parle à moi-même) Le turn est un 6, au moins j'ai une paire désormais. Mon adversaire mise 10 à nouveau, il pourrait aussi bien tenir une pancarte clignotante affichant “je suis faible, je suis faible”. Je relance à 40 et il passe aussitot. Il avait surement une paire de 7 ou 8, ou peut etre As-Valet ?

#2 : Plusieurs joueurs limpent et je relance à 11 avec AK. Le bouton paie, ainsi que deux limpers. 4 joueurs au flop et 44 dollars dans le pot. Je passe complètement à coté du flop (je me souviens plus exactement ce que c'était, mais j'ai nib de chez nib) Les deux limpers checkent, j'enclenche ma poker face la plus convaincante et mise 40 avec un air méchant du genre “venez pas m'emmerder”. Ils passent tous sans trop réfléchir, facile ! Il est d'ailleurs fort probable que j'avais le meilleur jeu.

#3 : Le gros coup de fin de session, celui qui me fait quitter la table peu après avec un sourire satisfait. Tout le monde passe jusqu'au cutoff qui mise 10 (un joueur très loose qui bluffe souvent). Le petit blinde paie 10, je suis de grosse blinde. Je regarde mes cartes : JJ, la meilleure main que j'ai reçue de la session. Je relance à 40, le cutoff paie (pas surprenant), et le petit blind, lassé, fait tapis pour 42 au total. Je rajoute les 2$ (je n'ai plus le droit de relancer) et bien sur le cutoff fait de meme. Je trouve un bon flop : 57T avec deux carreaux. Le cutoff check, et je lui fais remarquer que c'est à moi de parler. Je lui demande combien il lui reste, il soulève les mains, me laissant voir son tapis : environ 50$. J'avance une pile de jetons de 5$ sur le tapis, assez pour le mettre à tapis. Il reflechit 20 secondes et paie avec une paire de 8. Le mec à tapis possède un excellent tirage : A7 de carreau. Il joue tous les carreaux, les as et les 7. Heuresement pour moi, le turn et la rivière sont des briques, et je remporte tout le pot, prenant le tapis de deux joueurs sur le meme coup et les faisant fuir. La table est short-handed (5 joueurs), je m'en vais quelques minutes plus tard.

Après un burger au Paris (dans un resto judicieusement appelé “Le Burger Restaurant”), je prends un taxi et arrive au Rio à 21h30 (tu parles d'une journée de congé). Je m'informe des dernières nouvelles auprès des collègues. Apparemment, l'infame “nourriture” servie à la cantine des joueurs a causé plusieurs intoxications alimentaires : on m'a reporté au moins 3 cas différents. Baron, l'un des reporters de Gutshot, a du rentrer plus tot dans sa chambre et s'est tordu de douleur pendant plus de 15 heures. Un conseil, les amis : evitez comme la peste cet endroit, sauf si vous aimez le steak de kangourou et la pizza aux germes.

Vinny Vihn et Eskimo Clark sont encore en vie, et étaient de retour à l'intérieur de l'Amazon Room. Le premier avait disparu dans de mystérieuses conditions, le second avait fait une crise cardiaque au beau milieu d'une épreuve de Stud.

Coté poker, la grande affaire du jour est le tête à tête final entre Eli Elezra et Scotty N'Guyen dans le tournoi de Stud Hi/Lo qui a tourné à la beuverie la plus débridée. On ne peut pas dire qu'on s'est ennuyés pendant cette finale ! Un récit de cette partie de débauche peut etre trouvé sur MadeInPoker en cliquant içi.

A part ça, rien à raconter sur les parties qui se sont déroulées en parralèle. Les tournois et bracelets se suivent et souvent, se ressemblent. De temps en temps, un evenement spécial se produit (Phil Hellmuth qui capture un 11e bracelet, Cunningham vainqueur 3 années de suite), mais pour le reste, les vainqueurs défilent sans que personne n'y prete plus d'attention que ça. Les tournois s'enchaient à une telle vitesse qu'il est difficile d'avoir les yeux partout à la fois – très frustrant pour moi qui suis seul à couvrir le tournoi. La décision de tenir des tables finales à huis-clos ajoute à l'indifférence générale. J'attends avec impatience le tournoi le plus préstigieux du festival, le HORSE à 50,000 dollars, dans une semaine, pour casser la routine.

Une fois de plus, je reste jusqu'au au bout des parties, et suis à nouveau le dernier survivant dans la salle Média, à 4 heures et demi du matin. Mais au moins, mes textes sont bouclés. Et du coup, la journée aussi. Plus que 32 jours à tenir et je tire déjà la langue...

Bilan au jeu :
Cash-Game au Bally's : +65$
Total WSOP : +478$

3 commentaires:

biniou14 a dit…

Merci pour ce blog qui nous donne l'envers du décors, comme madeinpoker.
C'est très sympa et ca fait envie :)

Romain a dit…

Tiens bon benjo, c'est qu'une fois par an :D

RiverBen a dit…

MERCI Benjo !

Tes textes et anecdotes sont une fois de plus un régal !

Merci de nous faire partager ton quotidien de la sorte.

Courage pour les journées qui t'attendent...

++

Ben