mardi 26 juin 2007

Le grand jour

Après 3 semaines passées à Vegas à couvrir des tournois avec un degré d'intêret variant de “bof” à “mouais, pas mal”, ma patience fut enfin récompensée, avec le tournoi de HORSE à 50,000 dollars, l'épreuve la plus prestigieuse des World Series of Poker. C'est celle que chaque top pro rêve de remporter, histoire de prouver une fois pour toutes qu'il est le meilleur. J'attendais ça de pied ferme, et je n'ai pas été déçu.

A midi, le départ fut donné par Chip Reese, le champion en titre. Des centaines de spectateurs étaient massés derrière les cordons de sécurité. J'admire le courage de ces touristes faisant preuve d'une infinie patience, restant debout plusieurs heures pour apercevoir leurs idoles, choper un autographe, ou prendre une photo à 5 mètres de distance avec leur téléphone portable. Ils ne sont même pas là pour observerr les coups qui se jouent (les tables sont trop loin du cordon), mais juste pour mater les stars, comme s'ils allaient au zoo.

Le HORSE, c'est le poker à son plus haut niveau, acronyme des 5 formes de poker qui sont jouées à tour de rôle toute la journée, à raison d'une nouvelle variante toutes les 30 minutes : Hold'Em, Omaha H/L, Razz, Stud, et enfin Stud H/L. Le tout est joué en Limit : c'est un jeu de pros, où la moindre erreur coute cher.

Ainsi, les meilleurs joueurs que compte la planète poker étaient au rendez-vous : les Brunson, les Ivey, Oppenheim, Cunningham, Seed, et j'en passe. A 50,000 dollars le ticket d'entrée, seuls les meilleurs et/ou les plus riches ont été assez fous pour s'inscrire. Mais comme je l'ai écrit au cours de mon reportage pour Poker.fr, j'ai quand même tiqué en voyant autour des tables pas mal de joueurs qui n'avaient à mon gout rien à foutre dans un tournoi de ce calibre. D'excellents joueurs, certes, mais dont le succès à été cantoné aux tournois de No-Limit Hold'Em uniquement, et ce sur une période ma fois très courte (depuis 2003, disons). Si vous voulez mon avis (et meme si vous le voulez pas, je vous le donne) Ils n'ont pas l'ombre d'une chance face aux plus grands pros maitrisant toutes ces différentes variantes et qui pour certains gagnent des fortunes chaque jour depuis 3 décennies dans les plus grosses parties du monde. Enfin, je peux comprendre l'envie qui pousse certains à joueurs à claquer 50,000 dans des parties où ils serviront de pigeon : ils ne veulent pas se sentir exclus du cercle fermé des meilleurs joueurs du monde.


Chip Reese, champion en titre et meilleur joueur "tout-terrain" du monde
blanc
148 joueurs étaient au départ sur 19 tables, et ce fut un vrai bonheur de naviguer entre les tables au casting de rêve. La bonne ambiance était au rendez-vous, la bonne humeur de mise. Parmi les stars, 3 joueurs Français : David Benyamine bien sur, mais aussi Bruno Fitoussi et Patrick Bueno. J'ai été surpris de voir ce dernier au départ – Bueno a gagné pas mal d'argent en tournoi ces dernières années mais je ne le pensais pas si riche que ça, en tout cas pas assez pour se permettre de mettre 50,000 dans le tournoi le plus relevé de la planète. Enfin, j'imagine qu'ils ont été plusieurs à le financer, comme cela se fait très souvent.

Benyamine a sauté assez rapidement, par contre Bruno a fait une journée sensationnelle et terminé en 2e position au classement à la fin de la journée, juste derrière Eli Elezra. D'après ce qu'il m'a dit, c'est un expert dans les gros cash-games mixed games, et après l'avoir vu jouer, je veux bien le croire. Bueno, lui, n'a pas été chanceux du tout sur plusieurs coups clés et s'est retrouvé avec seulement un quart de son tapis de départ à la fin de la journée.

Jennifer, Adam et Chris de BlondePoker sont arrivés d'Angleterre pour démarrer la couverture des WSOP pour BlondePoker. Ils vont se concentrer sur le HORSE cette semaine, puis sur le Short-Handed à 5000$ et le Pot-Limit Omaha à 10,000$, et bien sur le Main Event. Ces trois zigs là sont comme mes frères. Durant les 12 derniers mois, on a fait les 400 coups à Barcelone, Amsterdam, Vegas, Monte-Carlo, Dublin, Varsovie, Paris et Dortmund. Allez voir leur site (lien ci-contre) et lisez leurs comptes-rendus en direct à l'humour très British.

J'ai été gâté Dimanche car en plus de “la piste aux étoiles” que fut le HORSE, j'ai suivi toute la journée la suite de l'étonnant parcours de Georges Djen dans le 1500. Comme hier, chaque fois que je venais prendre des nouvelles du boss, Georges avait plus de jetons que la fois précédente. Il a finalement chuté à une trrrrès honorable 11e place, pour un gros chèque de 33,000 dollars. Epatant. Erica Scheonberg a atteint la table finale de ce même tournoi. Georges était touché que je l'ai supporté durant son parcours, et m'a "fétiché" après avoir été encaisser ses gains. Je n'en demandais pas tant !

Je suis tombé sur Jean-Philippe Piquette, un joueur Québécois que j'avais rencontré aux Chutes du Niagara en Octobre dernier. Il est accompagné de son pote Pierre Bergeron, alias Khaosman, mais pas de sa copine Véronique, ce qui est bien dommage car je suis amoureux d'elle. Depuis le cordon, ils soutiennent leur compatriote Isabelle Mercier qui se démène dans le tournoi de HORSE.

L'arrêt-diner s'est étalé sur deux heures car tous les joueurs du HORSE étaient invités à un super banquet ultra chicos. J'en ai profité pour aller au Tilted Kilt avec Pauly et Otis, le blogger de PokerStars. Comme d'habitude, les serveuses sont très amicales. La notre passe une bonne demi heure à notre table à discuter de tout et de rien. Depuis notre session commune à la table de Pai Gow la semaine dernière, Otis a réflechi à mon idée de lancer les World Series of Pai Gow au Gold Coast, en face du Rio. Je lui ai promis que j'en serai, et que j'apporterai toute monde aide pour mener à bien ce projet ambitieux. Avec Pauly, nous lui avons appris à jouer au Poker Chinois - il était inconcevable qu'un reporter aguérri comme lui ne sache toujours pas jouer à ce jeu très en vogue dans les salles de presse.


Avec Pauly et Otis au Tilted Kilt
blanc
Ah oui, sinon, j'ai un peu fait de la merde lors de cette journée chargée. John Caldwell, le responsable de PokerNews (le site qui a les droits de couverture exclusifs des WSOP) est venu me voir en salle de presse. Il m'a demandé si je voulais réaliser des interviews video des joueurs Francophones, destinées à etre publiées sur la page Française de PokerNews. Du genre, David Benyamine et Isabelle Mercier, par exemple. Je lui ai instantanément répondu non, car je ne l'ai jamais fait et je ne suis pas très confortable à l'idée d'apparaître face à la caméra. En plus, je suis totalement nul dans le rôle de l'interviewer. J'ai jamais appris à le faire, donc je me voyais mal improviser. Il m'a répondu, “OK, pas grave”, et a poursuivi son chemin.

Dix minutes à cogiter plus tard, je me rends compte que ce serait peut-être une bonne idée de passer outre ma timidité et d'accepter cette offre. Je m'en vais trouver Caldwell dans l'Amazon Room et lui dis “On peut toujours essayer de le faire.” Sans lever les yeux de son clavier, il me répond “Mais tu m'a dis que tu allais être nul”. J'insiste, et il me dit qu'il viendra me voir quand il a besoin de moi. Depuis, j'attends toujours de ces nouvelles et je doute qu'il ait encore envie de faire appel à moi. Je me sens comme un débile du coup, mais bon. Bah, tant pis, je m'en fous un peu. J'ai déjà assez de boulot comme ça de toute façon.

Une bonne journée, mais je commence salement à saturer. Un break est à envisager rapidement...

Récit de la journée sur Poker.fr

Photos en Vrac :


Bruno Fitoussi cartonne dans le HORSE
blanc

Erica Shoenberg double son tapis dans le 1500$, sous les yeux de son père et de son fiancé, D.B.
blanc

2 commentaires:

Anonyme a dit…

Quand tu seras de retour, je fais une soirée poker chinois rien que pour toi !
Zeb

Marc a dit…

Terrible de devoir recommencer 3 fois le tout petit texte d'un commentaire que je veux te laisser depuis longtemps... je comprend mieux l'appréhension du journaliste devant les rédactions d'article !

En tout cas, je voulais absolument te féliciter pour ton blog et les différents articles que tu écris, c'est un plaisir de découvrir ton aventure au WSOP jour après jour.

Bon courage pour la fin et reçois toute l'amitié d'un confrère nordiste.